DROIT DE REPONSE
adressé au journal Chiens 2000
Lorsque nous lisons un tel déferlement d’ironies, d’agressions, de calomnies, nous nous posons une simple question : Pourquoi ? Car il faut bien le dire Mr Barraud n’y va pas de main morte !
Donc POURQUOI ? Si nous étions de gentils écervelés incompétents nous agresserait-il comme il le fait ? Nous pensons bien évidemment que NON. Alors où se situe le problème pour Mr Barraud ? Sans aucun doute dans le fait de nos compétences authentiques de Comportementalistes, des résultats plus que probants s’il fallait le préciser et réalisés depuis de nombreuses années au travers de milliers d’entretiens… Notons bien le terme de Comportementaliste, pas celui de « psy pour chien » dont nous affuble l’ironie déplacée et insultante de Mr Barraud qui ne nous paraît pas suffisamment informé sur l’usage des titres de « psy » relevant de formations et de compétences spécifiques orientées vers l’être humain et non pas vers le monde animalier ! Mais passons, il n’en n’est pas à une inexactitude près comme nous le verrons plus loin.
Et puis, il y a la responsabilité et la culpabilité à tenir
ces allégations au regard des animaux. Que vont en faire certains lecteurs
et quelles vont être les conséquences ? Peut être encore
plus d’abandons et d’avantage d’euthanasies.
Mr Barraud est passé maître dans l’art de la généralisation comme de l’omission. Il utilise ces méthodes à plusieurs reprises considérant que les personnes qu’il agresse fonctionnent toutes de la même façon, pratiquent toutes des honoraires identiques, et surtout, c’est un vrai gag, que sa façon de vivre avec ses chiens est « universalisable », ce qui tendrait à mettre en avant une méconnaissance totale du chien ! Reprenons point à point quelques uns de ses propos :
Les tarifs : lorsque l’on parle de tarifs, il faut toujours
préciser ce à quoi ils se rapportent :
- L’intervention d’un Comportementaliste dure en moyenne 2 heures
;
- Les interventions des Comportementalistes sont en nombre réduit, deux
voire trois consultations en général, et les problèmes
disparaissent
- Le Comportementaliste prend en considération toutes les difficultés
présentes y compris les relations parfois difficiles d’une ou plusieurs
personnes à leur animal
- Le Comportementaliste a suivi des formations (pas en école vétérinaire,
autre inexactitude de Mr Barraud, et nous y reviendrons) en éthologie
et psychologie humaines et animales et en général plutôt
longues
- Le Comportementaliste ne se contente pas, lui, de ses expériences de
terrain (et oui, il en a aussi). Il est conscient que lorsque qu’il s’adresse
à une famille, il ne suffit pas de « bombarder son chien de petits
bouts de chaînettes »… technique tout à fait originale
n’appartenant qu’à Mr Barraud et ayant largement fait preuve
d’inefficacité, conduisant parfois les animaux à l’abandon
voire à l’euthanasie. C’est une expérience parmi tant
d’autres vécu en après coup par certains confrères,
les personnes désemparées et affligées part la perte de
leur animal nous appelant, voulant être rassurées et l’irréparable
étant commis ! Précisons que nombre de Comportementalistes sont
d’anciens éducateurs canins, des gens de terrain Mr Barraud, comme
vous affirmez l ’être, qui ont fait le tour cette pratique et de
son inopportunité, voire de sa dangerosité dans la résolutions
des comportements indésirables manifestés par un chien .
- D’autre part, précisons que les tarifs oscillent par entretien
autour des 50 euros, ce qui compte tenu de ce à quoi ils se rapportent
et des résultats obtenus n’est pas excessif du tout !
Mr Barraud « ignore » les aspects de notre pratique. Il devrait alors, plutôt que d’ironiser et de tenir des propos incohérents et agressifs, se renseigner objectivement avant de les afficher comme il le fait. Il se rendrait alors vite compte que nous ne disposons pas de divan, ne psychiatrisons ni les maîtres ni l’animal, que les individus présents sont respectées et libres de toute expression, et qu’en aucun cas ils ne sont traités comme le laisse entendre Mr Barraud et pour reprendre exactement ses termes, « Ce que j’ignore, c’est si le patient est installé sur un divan ou s’il attend sagement muselé au pied de l’homme de l’art (ou de la femme d’ailleurs), que son destin de chien problème soit résolu ». L’allusion au Loto, aux bons numéros aux réponses est par ailleurs pitoyable.
Le patient est il un dominant ? Grave question pour cet auteur…
et nous sommes tout à fait compétents pour évaluer correctement
la nature de la relation présente entre l’homme et son compagnon
et réciproquement.
Et puis il y a des ambiguïtés dans cet article ou pour le moins
des questions qui se posent. Par exemple, Mr Barraud, en quoi consiste «
un homme de terrain remettrait rapidement à sa place » - l’animal
bien sûr -. Mais s’agit-il de conditionner (vous savez Pavlov à
propos duquel vous ironisez) le chien à un homme de terrain, ou que familles
et chiens vivent harmonieusement ensemble ? Notons qu’il n’y a jamais
de femmes de terrain : il faut donc avoir des gros bras, non ? , nous nous trompons
peut être…
D’autre part le terme de « patient » dont se gargarise Mr
Barraud relève d’une connotation médicale totalement déplacée.
Peut être considère-t-il, lui, les personnes qu’ils rencontrent
ainsi, seulement peut-être, nous ne l’avons pas vérifié,
nous ne pouvons donc pas l’affirmer.
« Habillé en blanc pour faire plus sérieux » : Non mais, c’est quoi ce délire…
« Le questionnaire pour évaluer le statut hiérarchique est sur le bureau » : l’usage de questionnaires ne relève pas de la pratique des comportementalistes que nous sommes. Si Mr Barraud l’a constaté de visu, ce qui est peu probable, c’est qu’il s’est tout simplement trompé d’adresse. Nous disposons d’autres savoir faire que celui d’un questionnaire, de plus, aussi ridicule que celui dont il parle dans son article. Non il n’y a pas de questionnaires de ce type, ni d’autres d’ailleurs.
«… revenir chercher la pharmacopée très
onéreuse qui ne manque pas d’accompagner les directives de ces
nouveaux Pavlov »
Les propos tenus ici par Mr Barraud sont d’une extrême gravité.
Ils laissent entendre clairement que les Comportementalistes délivreraient
ordonnances et médicaments. C’est grave et diffament. Rappelons,
s’il en était besoin, que seuls, les vétérinaires
sont autorisés à agir ainsi. Le terme « pharmacopée
» est associé directement à la pharmacie et donc à
la médecine, dans nos dictionnaires. Aucun Comportementaliste digne de
cette pratique ne s’amuse à un tel jeu, et nous pouvons d’ailleurs
nous interroger sur comment cela serait-il possible… à moins que
Mr Barraud ne fasse référence, mais vraiment sans le savoir, à
un vétérinaire prescripteur ??? Nous ne lui en tiendrions alors
pas rigueur, nous comprendrions…
Les nouveaux Pavlov ? Connaissez-vous Pavlov et ses travaux sur le conditionnement
? Vous nous qualifiez de « Pavlov » alors que c’est vous Mr
Barraud qui ne cesser de mettre en avant les grandes vertus du conditionnement.
S’il nous arrive de nous référer aux principes du conditionnement
classique, dieu merci, nous disposons d’autres moyens relatifs à
l’apprentissage, ce qui à la lecture de vos « conseils »
nous paraît totalement absent. Quant à vos connaissances relatives
au conditionnement classique pavlovien, nous permettrez-vous d’en douter,
car nombre de vos propos font abstraction de la notion de stimuli, vous savez
le concept stimulus – réponses participant au conditionnement,
voire parfois balayé d’un revers de manche, ce qui est un comble
pour quelqu’un qui ne cesse de s’y référer malgré
tout !
« j’ai tendance, comme beaucoup de gens, à
passer à table quand j’ai faim »
Il y a sans aucun doute des nutritionnistes fervents lecteurs de ce mensuel…
A notre avis ils doivent se taper sur le ventre… Mr Barraud généraliserait-il
ses comportements alimentaires désordonnés à l’humanité
maintenant… après tout, pas de limite… continuons le délire…
« je m’octroie le plaisir de leur donner un petit
morceau de fromage à la fin du repas. Ce rite me fait plaisir et ils
ne m’ont jamais mangé les doigts ni ceux de ma femme non plus.»
Encore du conditionnement, mais quel conditionnement ? Un intervenant sérieux
dans le domaine de la relation homme – animal ne peut en aucun cas recommander
une telle pratique. Mais Mr Barraud sait que sa relation à ses chiens
est généralisable. Et tout va pour le mieux dans le meilleur de
son monde.
Mr Barraud parle de son plaisir, mais ses chiens dans tout cela, où sont-il
? Anthropomorphique non, il parle bien de lui, pas de comment ses animaux vivent
une telle relation humanisante ? Dangereux pour les « patients »
d’une personne qui se veut bonne conseillère… et soyez rassurés
chers lecteurs, effectivement tous les chiens ne mordent pas… ils sont
certains avec lesquels tout, et n’importe quoi, peut être fait.
« Le comportementaliste canin est certainement utile, mais il faut que ses connaissances scolaires soient doublées de celles de terrain, ce qui est rarement le cas quand on lit tout ce qui est pondu par les plumitifs qui ne font que répéter ce qu’ils ont appris à l’école vétérinaire et qui ne découlent que des pratique et expériences de laboratoires et certainement pas du comportement dans le milieu familial, le seul qui nous intéresse. »
Le fait de notre utilité est reconnu. Seul point positif
de cette diatribe. Nous avons donc de l’avenir pour Mr Barraud. Nous vous
en remercions.
Nos connaissances scolaires sont en général des connaissances
universitaires. L’éthologie et la psychologie ne sont pas enseignées
ni en primaire, ni en secondaire, ni sur un terrain de dressage non plus. Nos
formations ne proviennent pas des écoles vétérinaires auxquelles
nous n’avons pas accès à ce titre, et auxquelles n’appartiennent
ni l’éthologie ni la psychologie. Nos formations sont dispensées
soit en université soit par des organismes de formations privés
encadrés par des professionnels titulaires de diplômes reconnus
(doctorat, DESS, DEA, Masters, Maîtrises, et autres diplômes d’état…)
; ces organismes sont par ailleurs déclarés au ministère
du travail et de la formation professionnelle continue. Que Mr Barraud garde
pour lui ses commentaires ineptes et révoltants au sujet des formations
des Comportementalistes et des organismes qui les dispensent.
Les propos de Mr Barraud ne sont d’ailleurs pas très flatteurs
pour les écoles vétérinaires, mais ceci n’est pas
notre propos.
Au fait, Mr Barraud, quelles sont vos formations, nous disons bien, vos formations
?, pas vos coupes et vos titres de gloire, ce n’est pas la même
chose.
« Comment peut-on parler de chien quand on n’en a
pas soi-même ? »
Cher Mr Barraud, il faudrait que vous songiez un jour à sortir de votre
empirisme basé sur vos expériences personnelles que vous évaluez,
il est vrai, tout à fait généralisables, nous l’avons
vu. L’empirisme, cher Monsieur, est dangereux s’il ne repose pas
sur des données scientifiques établies. Aborder une famille en
pratiquant des techniques de conditionnement aberrantes relève de cet
empirisme et les hasards qui en résultent tout autant.
A Mesdames et Messieurs les Psychologues qui avez fait votre spécialité
des troubles du comportement de l’enfant, et lecteurs attentifs des propos
de Mr Barraud, avez vous tous un ou des enfants ? Nous parions que non…
Pour comprendre et intégrer la psychologie du développement de
l’enfant et les psychopathologies faut-il donc que toutes les étudiantes
en psychologie aient accouchées, et les braves garçons étudiants
psychologues aient eux aussi participé à une copulation ? Et bien
cher ami, comprendre un chien et les relations engendrées par sa présence
dans une famille n’impose en rien d’avoir adopté un animal,
ou alors il nous faudrait avoir chez nous, un chien, non des chiens puisque
c’est d’une meute dont nous parlons, un chat, non de plusieurs chats
puisque nous parlons de fratries, d’un cheval, non de plusieurs chevaux
puisque nous parlons de hordes… parce qu’en plus nous ne nous intéressons
pas seulement qu’aux relations humaines à un chien !
Et puis voyez-vous, un « psy » pour enfants peut très bien
avoir un « enfant à problèmes », comme n’importe
qui. Ce n’est pas pour cela qu’il est un mauvais « psy »,
loin s’en faut. La pratique de ces professionnels consiste en tout premier
lieu en une dissociation claire et nette du milieu professionnel et leur vie
de famille, deux domaines fondamentalement distincts où dans le second
la part de l’affect, de la subjectivité d’un individu donné
dans ses rapports intimes sont présents ramenant celles-ci à une
nature humaine qui n’est plus professionnelle.
Chacun conduit son existence comme il l’entend, et nous ne vous en ferions
pas grief restant dans le cadre de votre intimité, sans amalgame.
Si toutefois vous aviez des problèmes, vous savez où nous trouver.
Nous saurons, soyez rassuré, vous apportez notre soutien, nos bons conseils,
notre professionnalisme.
Au regard de vos propos, nous pensons tout simplement que vous ne savez pas
ce qu’est un Comportementaliste. Vous devriez vous renseigner, sérieusement,
avant de propager de tels propos et de vous montrer finalement sous un jour
peu flatteur.
Organisme Européen des Conseillers Comportementalistes
(OECC)
Président : Patrick Le Doeuff
Groupement Européen des Comportementalistes Canins (GECC)
Présidente : Karine Molinié
Centre d’Etude en Etho-Psychologie Humaine et Animale O. (CEEPHAO)
Directeur : Patrick Le Doeuff
Centre Cynotechnique Puygrenier
Directeur : D. Puygrenier