communiqué de l'ACPS
"le boom des métiers du chien"
avril 2006 n°784
A l’heure où s’organise pour la première fois le "colloque des mœurs canines", les 29 et 30 avril à Avignon, un tour d’horizon des nouvelles pratiques professionnelles qui se développent autour du chien dans le but d’améliorer notre vie et celle de notre cher compagnon à quatre pattes semble nécessaire. En efet, comment s’y retrouver entre vétérinaires comportementalistes, comportementalistes non vétérinaires, dresseurs, éducateurs canins…
Vers lequel de ces professionnels se tourner quand la vie avec son compagnon à quatre pattes devient insupportable ? Un petit guide non exhaustif pour mieux connaître et comprendre les nombreuses solutions qui s’offrent aux propriétaires désorientés.
Au secours, mon chien a un problème
Les Français adorent les chiens et cette tendance n’est
pas prête de s’inverser !
9 millions de boules de poil vivent dans nos foyers et sont devenues
les meilleures amies
de l’homme. Si bien qu’aujourd’hui, on n’envisage
plus de vivre sans chien !
Mais nombreux sont les chiens qui souffrent de problèmes comportementaux.
Ces troubles
du comportement peuvent trouver leur origine dans les premières
semaines de la vie de
l’animal, période clé de son développement.
Mais ils sont également bien souvent liés à un
comportement erroné du maître vis-à-vis de son
animal.
Face à une demande d’aide toujours plus importante de la part de propriétaires totalement déboussolés, est apparu un nouveau marché en plein essor, avec une offre toujours plus diversifiée. Comment s’y retrouver et choisir parmi ces nouveaux professionnels qui commencent eux-mêmes à s’organiser pour éviter des dérapages malheureux ?
En premier lieu : une visite au vétérinaire s’impose
Dès le premier signe de mal être de l’animal, d’agressivité,
d’anxiété manifeste, de
désordre du comportement, il n’y a pas à tergiverser
: direction la clinique vétérinaire !
N’hésitez surtout pas à demander de l’aide
au vétérinaire, seule personne à connaître
parfaitement l’animal en dehors de vous et capable de faire le
lien entre médecine et
désordre comportemental.
En effet, les possesseurs oublient bien souvent que derrière
un trouble du comportement
peut se cacher un problème pathologique (maladie, tumeur…),
qu’il est possible de traiter.
Une solution susceptible de changer radicalement la vie de l’animal
et de son maître !
Les vétérinaires spécialisés dans le comportement animal
Et pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups en s’adressant à un
vétérinaire
comportementaliste ?
« Comme son nom l’indique, il a fait des études
vétérinaires, sanctionnées par un diplôme,
explique le Dr Claude Beata, vétérinaire comportementaliste,
spécialisé dans les troubles
du comportement et président de Zoopsy, l’association
qui regroupe ces vétérinaires d’un
genre nouveau. Par la suite, il a décidé de se spécialiser
dans le comportement animal et
d’acquérir une formation spécifique, également
sanctionnée par un diplôme, ce qui lui vaut
le titre de vétérinaire comportementaliste ».
Apparu en 1998, le diplôme de "Comportementaliste" est
délivré par les 4 Ecoles
Nationales Vétérinaires françaises (Maisons-Alfort,
Nantes, Lyon et Toulouse). Une
soixantaine de vétérinaires français sont diplômés
et ont donc reçu une formation enéthologie, pathologie comportementale et psychopharmacologie
(médicaments à effets
comportementaux), pouvant s’étaler sur plusieurs années
et exigeant d’eux de rendre un
mémoire présentant des cas cliniques, de faire une consultation
publique devant un jury et
un travail personnel conséquent…
Concrètement, comment se déroule une consultation ? « Le
praticien reçoit toujours le
maître et l’animal ensemble, explique le Dr Beata, car
il a besoin de la présence physique
du chien. Sa méthode consiste à utiliser une démarche
médicale dans l’identification et le
traitement des troubles du comportement animal – phobies, hyperactivité,
anxiété,
agressivité… ». Il peut donc faire le rapport entre
un déséquilibre organique et un trouble
du comportement, associer l’étude de la santé de
l’animal et celle de son psychisme.
Contrairement au vétérinaire qui ne traite que la pathologie
de l’animal, il agit également
sur les personnes. Mais pour autant, halte aux idées reçues
! « le vétérinaire
comportementaliste ne psychanalyse pas le maître, rassure le
Dr Beata, il lui donne des
conseils et l’épaule dans les difficultés ».
Tranquillisez-vous, nul besoin de s’allonger sur le
divan ou d’être mis au pilori ! Le vétérinaire
comportementaliste s’intéresse à la relation qui
unit le maître et son animal, il ne porte aucun jugement ; il
n’est pas là pour critiquer. Son
travail est basé sur l’observation du comportement de
l’animal afin de donner des conseils
visant à rétablir son équilibre.
Pour trouver la liste des vétérinaires spécialisés
dans les troubles du comportement en un
seul clic, tapez le www.zoopsy.com ou demandez-la à votre vétérinaire
généraliste.
Les comportementalistes :
médiateurs de la relation de l’homme à l’animal
Ce n’est qu’une fois que le diagnostic est établi,
et si toute cause physique est écartée, qu’il
est temps de rechercher un autre type de spécialiste.
Direction le comportementaliste, profession encore méconnue
en France mais très
répandue dans les pays anglo-saxons, qui considère que
les altérations
du comportement du chien sont les conséquences d’un dysfonctionnement
de la
communication entre le maître et l’animal et ne relève
donc pas de pathologies organiques.
Pour Karine Molinié, exerçant cette activité depuis
2003, la définition du
comportementaliste est simple : « c’est un médiateur
entre la famille et le chien, qui
intervient seulement après que l’animal ait été ausculté par
son vétérinaire.
Ce n’est pas un éducateur car il ne donne pas d’ordre
au chien, ni un vétérinaire car il ne le
soigne pas et ne le guérit pas ». Il n’agit pas
directement sur l’animal mais plutôt sur le
maître en lui montrant que certains de ses comportements peuvent
induire un malaise chez
l’animal et en l’aidant à les rectifier. Son travail
se déroulant principalement à partir du point
de vue du maître, la présence du chien n’est pas
obligatoire. À chaque
comportementaliste sa méthode !
Formé à l’éthologie canine et humaine et
aussi à la psychologie, le comportementaliste
peut se rendre au domicile du propriétaire ou faire une consultation
au sein de son cabinet.
Karine Molinié est également la présidente du
Groupement Européen de
Comportementalistes Canins (GECC), créé en 2004, dont
le but est de faire connaître et
reconnaître le métier de comportementaliste. Vient s’ajouter à cette
démarche un Code
déontologique, visant à encadrer cette nouvelle profession, à l’organiser
et à la rendre plus
transparente. « Depuis 2005, ce Code définit les conditions
professionnelles nécessaires à
l'exercice de l’activité de comportementaliste, révèle-t-elle,
et, dans En bref, cela signifie
que le maître un peu perdu ne sachant pas à quel comportementaliste
s’adresser et à
quelle formation se vouer – aucun diplôme officiel n’étant
délivré dans cette
profession –, pourra se référer à ce code
qui oblige notamment les professionnels à se
former tous les ans. Une initiative qui, en plus d’offrir des
garanties aux propriétaires,
définira à terme les contours précis de la profession
et ses limites.
Si jamais cette solution vous intéresse, vous pouvez vous adresser
aux associations
canines proches de chez vous ou à votre praticien pour trouver
l’adresse d’un
comportementaliste.
Pour tout autre renseignement : http://assogecc.free.fr
Chacun son choix, chacun sa place
Il vous appartient de vous faire votre propre opinion,
de demander conseil à votre praticien
et de trouver la solution adéquate qui vous permettra de "re"vivre
une relationépanouissante avec votre animal. Le mieux pour vous deux étant
de trouver une personne
avec qui vous vous sentiez en confiance, capable de vous aider à surmonter
les difficultés.
Et pourquoi ne pas demander de l’aide conjointement à plusieurs
spécialistes pour
multiplier vos chances de sortir de l’ornière ? Car comportementalistes,
vétérinaires, éleveurs et éducateurs peuvent
travailler en bonne entente et dans la complémentarité.
Le
principal n’est-il pas pour n’importe quel propriétaire
de savoir qu’il existe bon nombre de
professionnels prêts à l’aider à dépasser
et surmonter les problèmes comportementaux de
son chien ?
Le "colloque des moeurs canines"
mode d’emploi pour les propriétaires
Pour la première fois a lieu cette année, à
l’initiative du Groupement Européen des
Comportementalistes Canins, le "colloque des
moeurs canines".
Petit tour d’horizon des sujets abordés durant
les journées du 29 et 30 avril, en Avignon :
- l’importance de la socialisation de
l’animal en élevage,
- la dominance chez le chien,
- l’évolution des troubles du comportement,
- le coaching de l’animal…
L’occasion pour de nombreux professionnels du
monde du chien – vétérinaires,
comportementalistes, moniteurs de clubs
canins, éducateurs… – de rendre plus
transparentes ces nouvelles spécialités, encore
méconnues. Mais surtout d’échanger des
informations sur les comportements du chien
dans la perspective d’une meilleure insertion
dans la société.
Petit lexique pratique
Le vétérinaire comportementaliste est spécialisé en comportement animal, grâce à une formation existant depuis 1998 dans l’une des 4 Ecoles Nationales Vétérinaires. Il peut prescrire des médicaments.
Le comportementaliste est un spécialiste de l’interaction entre l’homme et le chien et des dysfonctionnements dans leur relation à l’origine du trouble du comportement de l’animal. C’est un médiateur qui intervient directement sur le propriétaire. Il n’est pas obligé de rencontrer le chien et ne prescrit pas de médicament.
L’éthologue est un scientifique, un chercheur, qui étudie les différents comportements de l’animal et les répertorie.
Le dresseur apprend à l'animal à accomplir des tâches très précises (acteurs dans le cinéma…).
L'éducateur canin aide le maître à éduquer son animal et à le socialiser. L’objectif majeurétant d’apprendre au chien, par la méthode du conditionnement, les bases de l'obéissance afin de vivre un quotidien harmonieux. Il travaille obligatoirement avec le chien contrairement au comportementaliste.