DROIT DE REPONSE
adressé au journal 30 Millions d'Amis
Monsieur le directeur de la rédaction,
Nous sollicitons un droit de réponse (institué
par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse décret
du 6/4/87), à l’égard de l’article paru dans votre
mensuel d’avril 2005 en page 30 et intitulé : «
Comportementaliste, véto ou éducateur… Gare aux amalgames
».
Les propos tenus dans cet article nous apparaissent tendancieux, imprécis
voire inexacts et même calomnieux par un effet de généralisation
présent.
Nous reprenons ci-après en italique chaque élément de votre
article et le commentons :
« Il existe un diplôme officiel
de vétérinaire comportementaliste âprement défendu
par la profession »
Précisons que le diplôme de vétérinaire comportementaliste
est un diplôme d’école et non un diplôme d’état.
Le diplôme d’état est celui du doctorat de vétérinaire
(cf recherches internet). Nous sommes nous aussi titulaires de certificats délivrés
par des écoles privées qui ont pignons sur rue. Ca ne s’appelle
pas diplôme. Ils ne se donnent pas pour autant et ne sont délivrés
qu’après des études longues et assidues.
Voyons la suite de l’article…
« Certes tous ne manquent pas forcément
d’aptitudes et possèdent mêmes des compétences indéniables
en éthologie (science du comportement animal) »
L’induction de l’incompétence est indéniable et outrageante.
L’éthologie est-elle une science « appartenant » aux
vétérinaires ? NON. Et les éthologistes les plus célèbres,
pour ne parler que Lorenz ou Timbergen, ne l’étaient pas non plus
! Tout le monde peut se former à l’éthologie, n’en
déplaise à l’auteur de ces propos.
« Mais sachez qu’il n’ont
pas de diplôme officiellement reconnu par l’état »
Ne confondons pas diplôme d’état et diplôme ou certificat
d’école comme précisé plus haut…
« Son cursus médicale lui
permet d’exclure toute cause physique »
Que l’auteur de ces propos se rassure, nous n’intervenons que lorsque
l’animal à l’origine de l’appel des maîtres,
est assuré être en bonne santé. C’est un préalable
incontournable de notre pratique. A noter que nombre de nos clients nous sont
recommandés par des cliniques vétérinaires ! Alors ce propos
ne tient pas debout, car nous sommes des adeptes des diagnostics différentiels.
« Il est habilité à
prescrire des médicaments indispensables….. à proposer l’euthanasie
»
Les comportementalistes (et les plus anciens a fortiori depuis une quinzaine
d’année) n’utilisent pas de médicaments, et pour cause,
ils ne sont pas habilités, mais il n’en ont pas besoin pour réussir
dans leurs entreprises !
Pour nous, l’euthanasie est un échec, pas une solution. Et nous
sommes des gens responsables ! Nous nous dressons d’ailleurs contre les
mythes du style « chien qui a mordu, remordra », raccourci rapide
trop souvent fait et qui emmène les chiens sous la piqûre fatale.
Notre travail consiste plutôt à éviter cette alternative
ou l’abandon dans le « meilleur » des cas. Et en plus nous
y parvenons…
« Certains d’entre eux ne
jugent même pas indispensables de recevoir l’animal, se fiant uniquement
a récit qu’en fait son propriétaire… »
Juste, et pour quelles raisons ? Nous nous occupons de la relation et uniquement
de la relation induite par la famille. Nous aurions besoin de l’animal
si nous étions vétérinaires ou dresseurs, ou toiletteur.
Nous ne sommes ni l’un ni l’autre et ceci ne nous empêche
pas de comprendre ce qui se passe à partir de solides connaissances en
éthologie et en psychologie (entre autre humaine) !
Il n’y a que les maîtres qui peuvent décrire
ce qui se passe et eux seuls ! Que nous apporterait de plus de voir un chien
agressif ou phobique ? Rien. Les maîtres vivent une difficulté
que eux seuls peuvent relater à partir de leur vécu, car pour
autant que nous le sachions il n’y a encore que l’homme qui parle.
Bien sûr pour réaliser nos consultations nous disposons d’un
savoir faire, et d’un savoir être. Point n’est besoin d’un
questionnaire stéréotypé. Non, juste de l’écoute,
juste des qualités d’animateur d’entretien. Non ce n’est
pas une simple discussion. Nous sommes formés par exemple en linguistique,
en thérapie du champ systémique, en psychologie. Nous sommes des
professionnels sérieux formés sérieusement et point besoin
d’artifices de quelque nature que ce soit pour réaliser un diagnostic
précis. Il est établi à partir d’une problématique
clairement identifiée nous permettant de poser des objectifs individualisés
pour chaque membre de la famille, de l’enfant aux grands-parents et tout
aussi clairement précisés ! Au fait, comment faire pour parler
de façon adaptée à un enfant de 10 ans qui vit un gros
problème avec son chien, ou avec des personnes âgées ? S’agit-il
ici de débiter les mêmes conseils avec les mêmes mots ? A
méditer…
Il n’est guère besoin d’être médecin pour être
psychologue. Il n’est guère besoin d’être vétérinaire
pour être un Comportementaliste compétent.
« leurs interventions sont qualifiées
à tort de « consultation » (un terme réservé
aux vétérinaires) »
C’est totalement faux ! Ce mot n’est absolument pas réservé
aux vétérinaires. Prenons un dictionnaire. Que lisons-nous au
mot consultation : « Réunion de personnes qui délibèrent
sur une affaire, un cas… Action de prendre avis… Action de donner
avis, en parlant du savant, de l’avocat, du médecin que l’on
consulte… »
Ce n’est donc pas parce que ce mot est utilisé par la population
médicale que les autres ne peuvent pas l’utiliser, ou alors que
l’on nous taxe ouvertement de pratique illégale de la médecine
vétérinaire ! C’est impossible, nous ne consultons pas les
mêmes éléments… et nous n’avons pas besoin de
l’animal, le vétérinaire est là pour cela !
« vous n’êtes pas à
l’abri des charlatans, qui vont même jusqu’à proposer
des solutions via l’hypnose ! »
Le jour ou vous rencontrez une personne qui pratique l’hypnose sur un
animal de compagnie, il va falloir nous le présenter parce celle-ci aura
rencontré l’oiseau rare, peut-être le premier d’une
grande lignée : l’animal qui parle, mais qui parle comme l’homme,
qui conceptualise, qui est capable de représentations abstraites avec
les mêmes potentialités que l’être humain !
Pour ce qui nous concerne, nous n’en avons jamais rencontré, donc
pas d’usage d’hypnose ou de tentative de « psychiatrisation
» d’un animal sous une forme ou une autre.
« Alors pour dissiper la polémique
: chacun son rôle »
Oui, tout à fait d’accord, surtout que ce ne sont pas les Comportementalistes
que nous sommes qui mettons en place la polémique ! Bien au contraire
nous travaillons communément en relation cordiale et professionnelle
avec les vétérinaires, les éducateurs et les éleveurs..
Notons au passage que l’éducation canine n’a jamais résolu
des problèmes de comportement, puisqu’il en est fait allusion dans
cet article.
Organisme Européen des Conseillers Comportementalistes
(OECC)
Président : Patrick Le Doeuff
Groupement Européen des Comportementalistes Canins (GECC)
Présidente : Karine Molinié
Centre d’Etude en Etho-Psychologie Humaine et Animale O. (CEEPHAO)
Directeur : Patrick Le Doeuff