Les chiens dits dangereux
Les derniers évènements concernant les chiens "Dits dangereux" et surtout les interprétations diverses tant par nos politiques que par les médias, nous commandent de réagir afin de rétablir la vérité.
Certes, cette vérité sera plus banale et donc moins attrayante sur le plan médiatique que tout ce que nous entendons depuis quelques semaines.
Voici donc ce qu'il est indispensable que le public, ainsi que les dirigeants qui nous gouvernent sachent :
• Tout d'abord, le nombre de morsures quotidiennes recensées
par les diverses D.D.S.V. des départements français est de
1350, auxquels il faut ajouter toutes celles qui passent inaperçues
(non déclarées).
Ceci doit éveiller notre attention sur la relativité qu'il
est juste d'observer dans ces accidents.
• En deuxième lieu, il est bon de rappeler quelques évènements
historiques qui mettront en évidence l'erreur que nous faisons
en ciblant telle ou telle race de chiens :
• Dans les années 50, le Doberman défrayait les chroniques
par quelques accidents de morsures. Cet engouement médiatique a été la
conséquence de la réputation que ce chien s'était forgée
lors de la seconde guerre mondiale en participant, aux côtés
des forces allemandes, à des arrestations musclées.
• Vers 1975, ce fut au tour du Berger allemand, alors appelé "Chien
Loup" pour donner plus de poids aux reportages dont il a fait l'objet,
de faire la "Une" des principaux journaux nationaux. Tout le monde
se souvient de ces deux bergers allemands qui avaient soit disant dévoré une
vieille dame dans les Alpes Maritimes. En fait, il s'agissait de deux chiens
sans problème qui, excédés jour après jour par
une dame âgée qui, passant régulièrement le long
de la clôture, les excitait en jouant du bâton le long du grillage
derrière lequel ils se trouvaient. Malheureusement, un jour, un point
de la clôture céda, libérant les deux chiens qui, par
quelques coups de dents, devaient donner une tournure dramatique à cette
affaire. Dans les mois qui suivirent, on ne comptait plus les articles de
presse relatant les morsures par des "Chiens Loup". Là aussi,
il a fallu quelques temps pour se rendre compte que ce pauvre berger allemand
portait la paternité de
toute la gente canine de couleur noire et feu avec des oreilles plus ou moins
droites.
Depuis 1999, l'utilisation criminelle par quelques voyous de chiens qui présentent des particularités morphologiques propres à les mettre en valeur lors de combats a amené les pouvoirs publics à prendre des mesures qui ont abouti à une réglementation dont l'application devait minimiser, voire inhiber les problèmes rencontrés, et ce en classifiant les chiens en trois catégories :
• 1 ère catégorie : Les chiens d'attaque (dont la
législation prévoie l'éradication),
• 2 ème catégorie : Les chiens de garde et de défense
(qui sont à mettre sous contrôle),
• Et les autres (qui sont à protéger et à mieux
gérer).
Le législateur, dans sa loi 99/5, a sans aucun doute entrepris une nécessaire et indispensable avancée dans la réglementation de certaines catégories de chiens et surtout pour la protection animale. Néanmoins, tout ceci ne pourra jamais porter de fruits tant que certaines conditions ne seront pas remplies :
• 1 ère condition : Mise en application et respect effectif sur
le terrain de la loi 99/5 à tous les niveaux : élevage, commerce,
transport, dressage, utilisation, etc.
• 2 ème condition : Réajustement de l'origine du danger.
En effet, en ciblant tel ou tel type de chien, le législateur se trompe :
il a compris que le chien est une arme. C'est dans cette position qu'est
commise la plus lourde erreur, car le chien n'est pas une arme, il devient
une arme (quelle que soit la race et la taille) . Le chien devient arme
par la manipulation, par le dressage, par le conditionnement, au même
titre que l'homme le plus pacifique peut un jour, sous l'influence et le
conditionnement, devenir lui aussi une arme mortelle.
Partant de cette évidence, ce qui doit être réglementé, contrôlé et puni prioritairement c'est bien celui qui conçoit cette arme et qui l'utilise.
Il est urgent d'accepter le fait selon lequel s'il existe bien des chiens dangereux, il n'existe pas de races potentiellement plus dangereuses que d'autres.
Le comportement d'un animal est la résultante de plusieurs facteurs qui sont pour la plupart le fait de l'homme qui le possède, à savoir :
• Conditions d'élevage
• Qualité de l'éducation
• Socialisation
• Connaissances du maître, le contexte dans lequel il évolue.
• Destinations dans l'utilisation
• Hérédité
Chacun aura un jour entendu parler de cette fameuse bande des tractions avant, qui dans les années 30, écumait les banques et bijouteries de toutes sortes. Ce n'est pas pour autant que les voitures aient été détruites ni même mises en fourrière, mais ce sont leurs utilisateurs qui ont été mis hors d'état de nuire. Car, dans le cas contraire, il y a fort à parier que les auteurs de ces crimes auraient rapidement trouvé un autre outil, une autre voiture pour poursuivre leurs méfaits.
Nous sommes aujourd'hui exactement dans la même configuration. Si nos dirigeants ne comprennent pas très vite que les animaux utilisés par certains individus ne sont pour rien dans les drames que nous venons de vivre, nous retrouverons demain ces mêmes individus avec d'autres chiens qui seront dressés et conditionnés pour les mêmes actes criminels.
Les Professionnels des chiens, les dirigeants des quelques 900 clubs d'utilisation bénévoles, les éducateurs canins et tous les organismes et associations de comportementalistes souhaitent être entendus sur ce sujet afin d'aider le législateur dans la mise en place d'une réglementation plus juste et plus efficace, dans le meilleur intérêt des 5 millions de familles qui possèdent un compagnon canin, qu'il soit Rottveiller, American Staffordshire Terrier, caniche, labrador, boxer ou autre molossoïde.
Ne pas prendre en considération ces paramètres nous amènera demain, sans aucun doute possible, à constater l'utilisation par les mêmes personnages de tels beaucerons, labradors ou n'importe quelles races dont la morphologie permettra d'obtenir une efficacité offensive, aux mêmes fins.
GECC